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Alain et Candice à vélo

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article 5

La tête dans les nuages les pieds sur les pédales



Se reposer, s'assoupir, digérer toute la poussière avalée, soulevée par le vent, brulant du désert, la fatigue, la lassitude nous envahit.
Nous sommes partis tôt, avec vingt litres d'eau, mais la, une seule obssession, trouver de l'ombre, poser le vélo et se reposer.
Il fait plus de quarante degrés et la chaleur va empirer car nous roulons plein sud.

Refaire le plein d'eau, comment? En arrêtant les camions d'eau qui empruntent la piste. L'eau, nous la payons au prix fort, nous, les étrangers. Il faut ramasser du bois pour se chauffer, les nuits sont fraîches.

C'est le récit de Xavier qui est parti d' Europe.

Il vient de parcourir 2000 kilomètres de désert lybien à vélo .
Avec Candice nous lui accordons le titre d' aventurier au long cours.

Il a la trempe de ceux qui ont roulé leurs bosses.

Un intrépide, un courageux, de la passion avec une bonne dose de sagesse, gagnée au fil de ses excursions à travers le monde car il 'nest pas à son premier coup d'essai.

Ses voyages naissent avec le coeur plutôt que la raison, pas de parcours étudiés pendant des mois, pas de budget affiné et repaufiné, de l'argent il en faut c'est sur, mais il arrive un moment il faut bien se lancer.

De la lybie, passage en Egypte, le Soudan puis Djibouti, imaginez la distance, le partage avec les hommes qu'ils rencontrent.

Xavier nous confie qu'il peut mieux ainsi saisir la vraie vie des hommes et femmes, des pays traversés. Le ressenti est plus vrai que par médias interposés.

La qualité humaine d'un peuple, elle se hume dès la frontière franchie dès que le tout premier contact avec la population a été établie.

Je ne pensais pas atteindre l'Egypte, c'est notre première victoire, nous dit-il. Il voyage avec sa compagne.

Dans les grandes villes Egypthiennes, il retrouve du temps pour se retaper, refaire un capital santé.
Il faut se préserver et entretenir sa monture.

Direction le Soudan puis le Yemen, pédaler puis dormir à l'écart de la piste, installer sa toile, essayer tant bien que mal de recréer une certaine intimité. Il est difficile d'avoir des moments pour soi car l'on cotoie en permanence les populations du pays traversé.

Une autre difficulté auquelle est confrontée Xavier, le visa dont la durée octroyée n'est pas adaptée au mode de transport qu'est le vélo. Souvent il arrive à son terme, bien avant le passage de la frontière. Xavier est alors obligé d'entamer des démarches pour obtenir une prolongation.

Le parcours devient plus délicat lorsque la piste est défoncée ou boueuse, une seule solution descendre du velo et pousser pendant des heures.

Au moment de ce récit,Candice et moi, nous avons apprécié les qualités physiques et mentales de l'homme qui courbe l'échine et avance. Pour nous, cette situation n'est pas imaginable, nous savons comme il est dur de pousser un vélo chargé sur un sol impraticable.

Du Yemen, Xavier s'envole, seul, pour l'Inde, puis le Tibet,

A nouveau, les distances affolent et nous laissent admiratifs. Nous sommes les témoins de magnifiques photos de visage et de nature.

Le thème prédominant dans le discours de Xavier est le contact.
L'hospitalité, il faut faire preuve d'humilité face à ses gens démunis et qui offre tout, un repas, un toit. Souvent se lit sur leurs visages, de l'incrédulité face à cette homme de race blanche donc « riche » qui part à la visite du monde sur son vélo.

A force de pédaler et de voyager dans la durée, on se sent pousser des ailes mais sans pour autant oublier ses racines, auxquelles nous restons de plus en plus attacher. Il suffit de rencontrer sur sa route un copain de galère européen, pour se replonger dans le bonheur de ses habitudes, coutumes et usages qui nous sont familiés.

Xavier doit s'acclimater à l'altitude du Tibet de 3600m à 4300m.
Il est sur place lors des émeutes et de la répression Chinoise.
Son séjour s'allonge, puis les évènements l'obligent à partir. Il enfourche son velo en plein hiver.
Il doit subir les assauts du froid et de la neige. La progression est impossble tant de telles conditions.

Il souffre d'angelures au pied, en vélo cette partie du corps est très sensible au froid. Elle est exposée et peu sollicitée. Pour protéger son intégrité physique Xavier renonce. Il doit se soigner surtout qu'une pneumonie aigue l'affaiblit encore plus, le mal chronique du cycliste en haute altitude.

Xavier restera cloué sur place deux mois, rétabli, affecté, par les scènes tragiques du tibet , il regagne l'europe via un parcours qui le conduira jusqu'en Taillande, mais la narration de l'aventurier s'arrête au Tibet.

Chapeau bas

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